Les planètes et la vie en astronomie : Détection - Civilisation extraterrestre



La présence de nombreuses planètes autour d'autres étoiles a été démontrée et il est plus que probable que de nombreux systèmes ayant les caractéristiques précédentes existent (notre Galaxie contient plus de 200 milliards d'étoiles). Dans ces conditions, des processus naturels semblables à ceux qui se sont produits sur Terre auront probablement donné naissance à la vie sur d'autres planètes.

Avec une bonne dose de chance et en donnant à la nature beaucoup de temps, il semble naturel d'imaginer que sur certaines de ces planètes la vie aura évolué vers l'intelligence et qu'il existe donc un certain nombre de civilisations avancées autour d'autres étoiles. Si de telles civilisations extraterrestres existent, quel est le meilleur moyen de les découvrir ou de communiquer avec elles ?

Envoyer un vaisseau spatial ou une sonde nécessiterait un temps colossal du fait des distances astronomiques en jeu. Ainsi, l'étoile la plus proche du système solaire, Proxima du Centaure, se trouve à 4,2 années-lumière, soit à peu près 40 000 milliards de kilomètres. A sa vitesse actuelle, 17 kilomètres par seconde, la sonde Voyager 1 mettrait environ 75 000 ans pour s'y rendre (si elle de déplaçait dans la bonne direction) et ceci uniquement pour l'aller. On peut évidemment rêver de technologies plus avancées, mais même pour une civilisation plus développée que la nôtre, la durée et le coût énergétique d'un voyage plus rapide seraient énormes.

La radioastronomie

La meilleure solution, dans l'état actuel de nos connaissances, consiste à recourir aux ondes électromagnétiques, tout particulièrement dans le domaine radio. Il s'agit alors soit de capter un message qui nous serait intentionnellement envoyé par d'autres êtres intelligents, soit d'intercepter des fuites dans leurs transmissions internes, tout comme d'autres civilisations proches pourraient intercepter nos programmes de radio ou de télévision par exemple.

Les ondes radio présentent de nombreux avantages. D'abord, elles se déplacent à la vitesse de la lumière. Elles ne mettent donc que 4,2 années pour atteindre Proxima du Centaure par exemple. Ensuite, elles sont faciles à créer ou à recevoir, et cela à un faible coût. Enfin, elles ne sont pas perturbées par le champ magnétique galactique et, pour un certain nombre de fréquences, le risque d'absorption ou de diffusion par la matière interstellaire est très faible.

L'inconvénient des ondes radio est que certains domaines de fréquences sont très pollués. Par des objets créés par l'homme comme les satellites, mais aussi par la plupart des corps ou phénomènes célestes : étoiles, pulsars, nuages de gaz, quasars ou même le rayonnement fossile lui-même.

Cette pollution généralisée amène les radioastronomes à ne considérer qu'un petit domaine de fréquence compris entre 1 et 100 Gigahertz dans le domaine micro-onde. Dans cette région règne un calme relatif, si ce n'est un murmure dû au rayonnement fossile, et il est possible d'émettre ou de recevoir des signaux à un faible coût énergétique et financier. La grande majorité des efforts de détection de vie extraterrestre se sont donc portés sur ce domaine de fréquence.

Le radiotélescope d'Arecibo
Le radiotélescope d'Arecibo à Porto Rico où plusieurs projets de détection de signaux extraterrestres sont en cours. L'antenne de 300 mètres de diamètre fut construite en 1963 dans une cavité naturelle. Crédit : Arecibo Observatory/NAIC/NSF

Des écoutes décevantes

L'un des principaux programmes d'écoute de possibles signaux extraterrestres fut le projet Phoenix. Initié par la NASA en 1992, mais arrêté par des coupes budgétaires l'année suivante, le programme fut repris par un organisme privé, le SETI Institute, et les observations purent commencer en 1995.

Le projet consistait en une recherche ciblée entre 1 et 3 Gigahertz avec une très haute résolution en fréquence. La cible était une sélection d'environ 800 d'étoiles situées à moins de 240 années-lumière de nous, la plupart du même type que le Soleil, puisque celui-ci semble fournir les meilleures conditions pour le développement de la vie. La sensibilité des observations aurait pu nous permettre de détecter des émetteurs ayant le niveau d'un radar d'aéroport à son maximum de puissance (qu'un tel radar atteint rarement).

Le projet Phoenix commença ses recherches en 1995 avec une série d'observations au radiotélescope de Parkes en Australie. Elles furent suivies d'autres études avec l'antenne de Green Bank aux Etats-Unis entre 1996 et 1998. Ce fut ensuite le radiotélescope d'Arecibo à Porto Rico qui prit le relais. Les observations cessèrent finalement en 2004. Sans avoir détecté le moindre signal suspect.

Un autre programme important est le projet SERENDIP qui a existé sous différentes formes depuis 1979. C'est sa phase actuelle, SERENDIP IV, en collaboration avec l'expérience SETI@home, qui a attiré le plus d'intérêt. Pour ce programme, un détecteur secondaire a été installé sur le télescope d'Arecibo en 1999. Ce détecteur secondaire observe le ciel en permanence entre 1,37 et 1,47 Gigahertz, quelle que soit la nature de la recherche principale en cours sur le télescope.

Grâce à cette configuration, le détecteur n'a pas besoin de temps d'observation spécifique, ce qui réduit grandement le coût du projet. Un autre avantage est qu'à long terme le détecteur finit par observer la plupart des directions du ciel, ce qui le rend complémentaire d'autres programmes plus ciblés comme Phoenix. Là non plus, aucun signal intelligent d'origine non terrestre n'a encore été identifié.

Un projet plus récent entrepris par le SETI Institute et l'université de Californie à Berkeley est l'Allen Telescope Array. Il s'agit d'un réseau de télescopes de 6 mètres de diamètre chacun, situé dans le nord de la Californie. Il devrait comprendre environ 350 éléments d'ici quelques années et fournira alors la même capacité d'observation qu'un seul radiotélescope de 100 mètres de diamètre, à un prix bien moindre. Le réseau est le premier observatoire construit spécifiquement pour la recherche d'intelligence extraterrestre, mais il servira aussi à des observations astronomiques plus classiques. La première phase d'observation a commencé en octobre 2007 avec un ensemble initial de 42 télescopes.



Auteur : Olivier Esslinger

Source : www.astronomes.com/index.html