Développement de l'astronomie : Les débuts de l'astronomie



Les hommes observaient déjà le ciel il y a des dizaines de milliers d'années. Des phénomènes tels que le déplacement du Soleil dans le ciel ou les changements d'aspects de la Lune leur étaient familiers. Peu à peu, ils commencèrent à utiliser ces phénomènes à leur avantage. Le mouvement du Soleil dans le ciel, depuis l'est à l'aube jusqu'à l'ouest au crépuscule, pouvait leur servir à mesurer le temps au cours de la journée. Quant au cycle des phases de la Lune, il leur permettait d'établir un calendrier lunaire qui se révélait très utile pour fixer la date de fêtes religieuses.

Un autre phénomène plus lent s'avéra également d'une grande utilité. L'aspect du ciel nocturne n'était pas le même tout au long de l'année, certaines étoiles n'étaient visibles qu'en été, d'autres uniquement en hiver. De plus, si l'on examinait la position apparente du levé de Soleil par rapport aux étoiles, il apparaissait clairement que cette position n'était pas fixe, mais dérivait légèrement d'un jour à l'autre. Les Anciens avaient compris que ce mouvement, dû à la révolution de la Terre autour du Soleil, était lié au cycle des saisons puisque qu'après un cycle complet le levé de Soleil retrouvait la même position par rapport aux étoiles. Le phénomène permettait ainsi de créer un calendrier extrêmement utile pour l'agriculture, qui permettait de prévoir la période la plus favorable aux semences ou aux récoltes.

Tablette cunéiforme
Tablette cunéiforme contenant d'anciennes observations de la planète Vénus (Ninive, 7e siècle avant notre ère, copie d'un texte babylonien de 1000 ans plus tôt). Crédit : British Museum

A ses débuts, l'astronomie était donc essentiellement un outil de mesure du temps. Son développement fut probablement accéléré par le problème suivant. Les premiers astronomes se rendirent compte que les trois intervalles de temps de base, le jour, le mois défini par le cycle lunaire et l'année, n'étaient pas compatibles entre eux. En particulier, l'année ne correspondait ni à un nombre entier de mois, ni à un nombre entier de jours. L'établissement de calendriers fiables nécessitait en conséquence une observation très attentive du ciel. C'est ainsi que l'observation des astres dans le ciel se développa et atteignit un très haut niveau, comme en témoignent les écrits des grandes civilisations des Ve et IIe millénaires avant notre ère, en particulier en Mésopotamie, en Égypte et en Chine. C'est à cette époque, pour se repérer plus facilement dans la voûte étoilée, que des astronomes regroupèrent certaines étoiles - de façon totalement arbitraire - pour former des figures reconnaissables : les constellations.

Descriptions du monde

En plus d'une connaissance du mouvement des astres, les Anciens développèrent des descriptions du monde et des explications de son origine. Toutes ces théories avaient pour point commun de placer la Terre au centre de l'univers. Pour les Babyloniens, par exemple, nous nous trouvions à l'intérieur d'un immense dôme solide entouré d'eau. Des trous dans ce dôme permettaient à l'eau de s'infiltrer et de donner naissance à la pluie. En Égypte, le ciel était le corps de la déesse Nout et la Terre celui du dieu Geb. Quant aux étoiles, il s'agissait de feux qui quittaient la Terre et s'élevaient vers le ciel.

Un autre aspect commun à ces descriptions était la croyance en un pouvoir que les astres pouvaient exercer sur les hommes. En effet, pour les Anciens, le Soleil, la Lune et les étoiles étaient des phénomènes naturels au même titre que les chutes de pluie par exemple. Pour cette raison, les astres devaient eux aussi avoir une influence majeure sur la vie des hommes. De là se développa l'idée que la position des astres dans le ciel avait une signification cachée quant à notre destin : l'astrologie était née...

Toutes les représentations du monde imaginées par ces civilisations avaient en commun de se limiter à une description des apparences. Elles ne cherchaient pas à découvrir de loi sous-jacente ou à élaborer une explication rationnelle du monde. Cette volonté de dépasser les apparences et de rechercher un ordre dans l'univers n'apparut qu'au premier millénaire avant notre ère, en Grèce. Les premières tentatives d'apporter une explication rationnelle au monde furent le fait de philosophes ioniens du VIIe siècle avant notre ère, comme Thalès de Milet, Anaximandre ou Anaximène. Apparurent alors plusieurs systèmes du monde différents, plus fantaisistes les uns que les autres, mais qui avaient l'immense mérite de vouloir expliquer le monde à l'aide de lois naturelles, plutôt qu'en faisant appel à la magie ou aux caprices des dieux.

Un pas en avant fut accompli au VIe siècle avant notre ère par Pythagore et ses disciples, avec une première théorie du mouvement des corps célestes, appelée l'Harmonie des Sphères. Dans cette théorie, la Terre était une sphère placée au centre du monde. Autour d'elle, on trouvait une succession de sphères qui portaient chacune un corps céleste, dans l'ordre : la Lune, Mercure, Vénus, le Soleil, Mars, Jupiter et Saturne. Enfin, la dernière sphère était supposée porter les étoiles fixes. Ces sphères n'étaient pas figées, mais en rotation. Pour les pythagoriciens, les corps célestes ne se déplaçaient donc pas eux-mêmes, mais étaient simplement entraînés par la rotation de leurs sphères respectives. Évidemment, ce modèle était incapable d'expliquer les irrégularités dans le déplacement des planètes, en particulier le mouvement rétrograde.



Auteur : Olivier Esslinger

Source : www.astronomes.com/index.html